Manière de Table
Le repas autour d’une table avec des convives est un temps où les qualités de savoir-vivre et de politesse de chaque individu sont largement testées. Les invités autour d’une table mangent, mais se parlent aussi, s’observent, s’écoutent sur une période qui peut souvent durer plus de deux heures.
C’est généralement l’hôtesse qui place ses invités à table, il faut donc attendre qu’elle vous indique votre place. En général, si vous êtes un homme, vous serez placé entre deux femmes, car la maîtresse de maison souhaite alterner les convives de chaque sexe. Les hommes normalement ont le devoir de s’occuper et de faire la conversation avec leur voisine.
La serviette que l’on a trouvée placée sur son assiette sera posée à moitié dépliée sur ses genoux (pas autour du cou !), et les mains (pas les coudes !) seront placées sur la table, de chaque côté des couverts. On trouvera les couteaux et la cuillère pour le potage à droite de l’assiette, alors que les fourchettes seront à gauche. Il est fréquent que trois verres soient placés devant l’assiette : le plus grand sera pour l’eau, le plus petit pour le vin blanc, et le moyen pour le vin rouge. Le pain est placé dans une corbeille non loin de soi, mais l’usage interdit d’en prendre un morceau pour “grignoter” avant le premier plat (on peut le faire au restaurant cependant). On ne boit pas avant d’avoir mangé et c’est l’hôtesse qui invitera les convives à commencer.
Les invités se servent généralement eux-mêmes en se passant les plats. Les hommes se chargent de servir les femmes, ainsi que de remplir leur verre. Si vous jugez que vous avez assez bu, laissez votre verre plein, on ne vous reservira plus ! Lorsque vous buvez, n’oubliez pas de vous essuyer les lèvres avant, afin de garder votre verre transparent durant tout le repas. Essuyez vos lèvres aussi après, si possible en tenant votre serviette à deux mains. Si l’hôtesse vous demande de vous reservir, il est poli de refuser une première fois, pour ne pas avoir l’air gourmand. Attendez qu’elle vous demande une nouvelle fois pour accepter. En revanche, si vous n’aimez pas un plat, essayez d’en manger un peu quand même, pour ne pas offenser vos hôtes. Enfin, l’usage de laisser un petit quelque chose dans l’assiette pour montrer qu’on n’est pas gourmand ou qu’on a assez mangé n’est en fait guère pratiqué : les convives ont plutôt le sentiment que ne pas finir son assiette risque d’offenser les hôtes et surtout l’hôtesse, qui a choisi et préparé les plats.
Les règles de savoir vivre à table sont nombreuses, ce sont avant tout des interdits : on ne parle pas la bouche pleine, on ferme la bouche en mangeant; on ne souffle pas sur le potage pour le refroidir; on ne coupe pas sa salade avec son couteau, ni son omelette, ni les pâtes. Les pommes de terre ne doivent pas être écrasées, mais séparées avec le côté de la fourchette. On “pousse” les morceaux de viande, les légumes sur sa fourchette avec un morceau de pain, pas avec le couteau. On ne prend jamais une arête de poisson avec ses doigts, on la dépose du bout des lèvres sur la fourchette et on la place sur le côté de l’assiette. Il est normalement très impoli de “saucer” son assiette avec du pain, bien que la tentation soit grande ! On n’écrase pas le fromage sur son pain, on le mange par morceaux. On ne coupe pas le pain avec son couteau, on le “rompt” avec ses mains. Lorsqu’on a fini,, on pose ses couverts (fourchette et couteau) sur son assiette, sans les croiser, la pointe de la fourchette tournée vers le bas. L’usage du cure-dents est rigoureusement interdit, on n’en trouve pas sur la table. Lorsque l’hôtesse en donne le signal, les invités peuvent quitter la table, ils déposent alors leur serviette (non pliée) près de leur assiette en se levant.
Ref: French culture and society
Une passerelle sociale
Peut-on dire que les bonnes manières ne concernent que certains milieux aisés ?
Pas du tout ! Connaître les règles de politesse, c’est la garantie de pouvoir évoluer avec facilité dans toutes sortes d’environnement. L’étiquette est une passerelle sociale et ne doit en aucun cas marquer une frontière entre différents milieux. D’ailleurs, les élèves qui assistent à nos cours viennent d’horizons très variés. Certes, il existe quelques expressions, considérées comme populaires, telles que : "bon appétit", "au plaisir" et "enchanté", qui peuvent faire grincer les dents de certains. Mais en fait, ce ne sont que des détails. Puisque justement, le savoir-vivre, c’est avant tout de savoir mettre les autres à l’aise.
Quels enseignements peut-on retirer de vos différents ateliers consacrés au savoir-vivre ?
Si une grande partie est consacrée à l’art de recevoir, on n’oublie pas pour autant l’art d’être reçu ! Il est regrettable de remarquer à quel point les invités oublient ou ne savent pas comment remercier leurs hôtes.
On rappelle alors qu’on n’arrive pas les mains vides, qu’on choisit un bouquet de fleurs que la maîtresse de maison pourra disposer facilement. Mieux encore, on le lui fait livrer dans la journée pour ne pas l’encombrer au moment de l’arrivée de ses convives. Le summum étant de lui faire déposer un bouquet, coordonné à sa décoration intérieure, le lendemain de la réception
Le savoir-vivre
au bureau
De nombreux salariés ou de grandes entreprises font également appel à la Belle Ecole afin d’améliorer leurs bonnes manières dans le milieu professionnel. Comment cela se passe-t-il ?
L’étiquette au bureau est quasi-identique à celle pratiquée dans la vie de tous les jours. Mais elle comporte quelques subtilités. Notamment concernant les rapports hiérarchiques et la manière de s’adresser à ses supérieurs ou à ses subordonnés. On profite de ces cours pour rappeler quelques règles de base : on se lève lorsque quelqu’un entre dans le bureau, on fait les présentations lorsqu’on est déjà en discussion avec une personne, on ne consulte pas frénétiquement son Blackberry en pleine réunion ! L’atelier permet aussi aux salariés d’obtenir en quelques heures un vernis suffisant pour évoluer en toute confiance dans des environnements auxquels ils sont parfois peu habitués : clients très exigeants, dîner d’affaires dans des lieux somptueux, protocole à respecter… Ils ont davantage confiance en eux.
Quels sont les faux-pas en matière de savoir-vivre qui vous font, personnellement, bondir ?
En premier, la goujaterie ! Je suis toujours choquée par les hommes qui ne prêtent pas davantage attention aux femmes, qui ne leur tiennent pas la porte, qui commandent avant elles au restaurant... Nous proposons d’ailleurs un atelier "French galanterie" qui s’adresse à ces messieurs et qui leur permet d’obtenir le passeport du parfait gentleman moderne. La seconde impolitesse qui me heurte concerne l’absence de remerciement. On ne sait plus dire merci, tout semble être un dû. Alors que c’est le BA-ba de la politesse.
Et quels sont les petits accrocs faits à l’étiquette pour lesquels vous avez le plus d’indulgence ?
Sans hésitation pour les personnes qui invitent à dîner chez elles. Il est si difficile, aujourd’hui, de recevoir. On travaille beaucoup, on doit se presser pour faire une jolie table, pour préparer de bons plats… Cela demande beaucoup d’efforts. Et ils méritent d’être appréciés à leur juste valeur.
Publié par Claire Sassonia