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MUSCADIN ANDRÉ

Originaire de Saint Raphaël, ville du Nord située à 54 Kms du Cap-Haïtien, André Muscadin s’identifie lui-même comme un homme de la Province. C’est à la fin de ses études primaires, en 1987, qu’il vient s’installer à Port-au-Prince pour entamer ses études secondaires, en pleine turbulence politique. Pendant une année, il a dut s’adapter pour rejoindre le standard de Port-au-Prince. Et c’est en 1988 qu’il entama les études secondaires qui s’étendirent de 1988 à 1994-1995. Dès la classe de 4ème secondaire, il fait des études en vidéographie de sorte que très tôt il commence à travailler pour pourvoir à ses besoins, puisqu’il vivait loin de ses parents. Il termine ses études à Blaise Pascal où il reçoit un encadrement soutenu du Directeur, M. Carl Jean-Baptiste. Il reçoit aussi un encadrement appréciable du Collège Adelphos, en la personne de son Directeur-Fondateur. C’est là que va commencer son Ministère. Au terme de ses études classiques, il opte pour la communication. Il fréquente depuis l’année dernière la Faculté de Droit et poursuit parallèlement des études de théologie où il a entamé sa 2ème année.

Muscadin André, quelle est votre vision d’une émission Evangélique ? Parlez-nous de « Souffle Matinal ». Nous savons que ce nom n’a pas été choisi par vous mais par un autre animateur.

Effectivement, je n’ai pas initié cette émission, mais c’est moi qui en ai fait le succès, par mes choix. J’ai passé 8 années à militer dans ce Ministère. Pendant cette période, le Seigneur m’a inspiré des activités qui m’étonnent encore, mais qui découlent du fait que j’étais sur la bonne route. Il m’a guidé, il a décuplé mon imagination. J’ai créé des événements comme « Ji Zaboka », « Souffle du Samedi Soir », espace où les groupes évangéliques venaient, chanter en plein air, et sur la cour, troubadour, fritailles, etc… J’ai été soutenu par une grande équipe et au fur et à mesure, je deviens présentateur dans toutes les activités. Judao, Junel (guitariste), le staff de Sur Le Rocher… J’ai commencé à avoir des amis, et à visiter les Eglises et à travailler avec plusieurs groupes, souvent comme MC ou animateur pour leurs activités: Oshama, Adonaï, Jéricho, Horeb, le premier groupe que j’ai dirigé. Je me souviens que la première fois que nous allions faire un spectacle, ils étaient bloqués pour $400H. J’ai décidé de le leur offrir. Ils en ont été tellement reconnaissants qu’ils m’ont demandé de devenir leur manager. Et c’est ainsi que mon histoire a commencé dans le Ministère.

Pendant ces 8 années à Souffle Matinal, quel pire moment avez-vous passé et qui vous aurait découragé si vous n’aviez pas été sous la protection de Dieu ?

Souffle matinal a été la grand école. C’est là que j’ai été formé. J’étais seul avec Dieu. Mes amis ne me comprenaient pas. Parfois ils étaient mécontents malgré que je les avais choisi pour la route ; et cela m’a montré comment choisir les personnes avec qui faire équipe. J’ai fait des erreurs dans ce sens. A savoir que je ne me suis pas toujours laissé guider par Dieu mais que j’ai réagi avec passion. Le meilleur moment que j’ai passé est que j’ai accompli le travail que Dieu m’avait confié. Sans pot de vin. Tous les animateurs, pour parler d’un groupe, devaient être payés. Moi, je m’étais promis de faire la différence. Malgré que je travaillais, j’ai souffert amèrement de ce choix. Des fois j’aurais demandé de l’argent aussi…. Mais je voulais faire la différence, Un million de dollars ne m’aurait pas convaincu de diffuser une mauvaise musique. J’ai connu un mauvais moment dans « Souffle Matinal ». Avant le 2ème anniversaire, Dieu va me révéler le don de choisir les mots de réconfort. Après une émission, un homme m’a appelé et m’a dit que je l’avais tellement béni, qu’il avait décidé de m’offrir 15 visas pour faire voyager qui je voulais. Son père, disait-il, avait une Eglise aux USA, réunissant 20 à 30 milles personnes, et il disait être en mesure de prendre à sa charge tous les frais de séjour. Titulaire, moi-même, de plusieurs visas dont un visa Américain et un visa Schengen, je n’étais pas partisan d’impliquer ma famille dans ce projet. C’est la raison pour laquelle j’ai finalement opté pour l’idée de partager cette opportunité avec une formation musicale évangélique. J’ai d’abord abordé le groupe G8. Les membres du groupe ne purent prendre en charge la question des passeports. Adonaï non plus. Les obstacles se multipliaient. (Il nous faut savoir questionner la volonté de Dieu lorsque certaines opportunités se présentent à nous !) Faute de pouvoir réunir un Groupe, j’ai décidé de voyager avec des artistes choisis parmi ceux qui évoluaient dans le milieu. Le coût par personne s’élevait à $645 auxquels il fallait ajouter les frais d’avion, d’ambassade, etc… Jean-Marie P. qui était avec moi à Souffle Matinal a lui-même emprunté $600 d’un ami. Au jour fixé, ayant pris rendez-vous à la Sogebank avec l’organisateur présumé du voyage, je lui remis toute la somme, incluant les $6000H supplémentaires de frais. Il me demanda de garder encore un peu les passeports.
Depuis ce jour jusqu’à cette date, je n’ai plus revu cet homme.
Il y avait à peine un an et quelques mois que mon Ministère avait commencé à la radio. A cette époque, des gens se mirent ouvertement à douter de mon intégrité et à déclarer qu’ils savaient que j’étais simplement un escroc se faisant passer pour un animateur de radio. Tout cela allait me briser le cœur. Le plus dur est que, jeune marié, je devais rendre compte à mon épouse qui apprenait à peine à me connaître et qui ne savait trop que penser de toutes ces allégations. J’ai beaucoup prié et j’ai appris à jeûner. Tu sais que tu ne peux pas être dans le Ministère sans rencontrer de difficultés. C’est alors que « Souffle Matinal » est vraiment né. Dès l’aurore, tous les matins, je me réfugiais derrière la console. Je ne voulais entendre personne. Pendant au moins 2 mois, je pleurais chaque matin sur le board au travail, incapable de parler. Ce board était toute ma consolation. L’angoisse était à son comble. Les artistes me pressuraient. J’étais sous pression. Tous les matins, les artistes venaient m’attendre à la radio. Tout cet argent à remettre et qu’on m’accusait d’avoir détourné ! J’avoue avoir été au bord de quitter la radio. Mon microphone n’avait-il pas été la source de tous mes maux ? Mes problèmes ne venaient-ils pas de lui ?. Je manquais de maturité spirituelle, je l’avoue. Je voulais quitter l’Evangélisation. Et c’est là que Dieu m’a relevé et qu’il m’a inspiré des slogans tels : « Souf matinal, depi-l jou m’pa tande-w, batri-m pa chaje » « Souf Matinal, mwen renmen-w anpil ». « Restez dans le « La » de Dieu… ». Cette dernière maxime que j’ai propagée n’est pas de moi, mais de Pasteur Bazin, du Collège Adelphos. C’est de lui que je tenais cette exhortation qui a tellement touché les cœurs dans mes émissions : « Muscadin, reste toujours dans le « La » de Dieu ». Chaque fois que je la répète, je me souviens que j’ai traversé de lourdes difficultés et que Dieu a été fidèle pour me secourir. J’encourage tous ceux à qui je m’adresse à demeurer accrochés à Dieu. Voici donc ici les meilleurs moments vécus, et aussi les pires moments, ceux où j’ai voulu abandonner le métier et tourner le dos à mon microphone et où j’ai expérimenté la puissance de Dieu qui a été fidèle pour me secourir.

Le nom « Souffle Matinal » ne venait pas de vous. Quelles ont été vos motivations pour des appellations comme « Exaltation ». Vous choisissez toujours un « mot » comme titre de vos émissions évangéliques et ce mot tend toujours vers la Louange. D’où vient cette originalité ? Quels sont vos critères pour en décider ainsi?

Cela vient de Dieu. Je me souviens encore de l’époque où Pasteur Jean-Marie allait camper « La Voix de l’Evangile ». Je dirigeais encore « Souffle Matinal » mais j’avais voyagé et à mon retour, j’ai rencontré Maestro William qui m’a dit « Muscadin, nous te cherchions. Nous avons une radio ». Mais « La Voix de l’Evangile » était la concrétisation d’une prophétie. Je me souviens qu’une fois, en effet, c’était à l’époque du Carnaval, j’avais passé une journée à prier. Et dans ma prière, je m’étais écrié: « Seigneur, donne-nous une radio où l’Evangile bouillonnerait », à la manière des pentecôtistes. Je n’obtempérai pas tout de suite. Je répliquai que j’étais déjà titulaire d’une émission et que je ne pouvais pas quitter la radio. Mais le Maestro insista. « Tu nous as tellement aidés ! Nous ne pouvons pas avoir une radio et que tu n’en fasses pas partie. »

Un jour que je quittais Tabarre à 3 heures du matin, la nouvelle me parvint que Pasteur Molesse venait de décéder. «Energy » m’a appelé et alors, en un éclair, il me vint à l’esprit que l’heure avait peut-être sonné pour moi d’abandonner l’émission. N’était-ce pas le moment de changer de stratégie, après huit ans ? Ne devais-je pas accepter cette opportunité ? J’ai donc fait part de mon intention de continuer avec « Dimanche Gospel » tous les dimanches, mais de superviser seulement les émissions de semaine. Malheureusement, nos bonnes intentions n’ont pas été bien interprétées et, par la force des choses, je fus contraint de quitter définitivement la Station. Ce choc me permit de grandir. J’ai encouragé « Souffle Matinal » a continuer pour la gloire de Dieu, mais sans moi. Dans la Voix de l’Evangile, on m’offrit de choisir l’heure d’antenne qui me plairait. Je ne voulais plus d’un nom composé pour ma prochaine émission. Et je ne voulais pas, non plus, entrer en compétition avec mon ancienne émission.

Pour revenir au nom de ma nouvelle émission, tu n’es pas sans savoir que je suis un des premiers à monter une banque de musique évangélique et à la partager avec d’autres. C’est la musique qui m’avait amené à l’Eglise et je suis passionné de musique. Eh bien ! « Exaltation » fut une révélation. C’est en compilant mes enregistrements que j’ai vu le nom de l’émission flasher en rouge : « Exaltation ». Nous étions restés quelques temps en onde sans parole, et quand nous avons vraiment commencé à parler, nous n’avions pas identifié l’émission. Avec Julien Janvier, Elie Pierre, etc. nous priions pour que ce nom nous soit donné. Et ce jour-là où il a flashé devant mes yeux, je leur ai annoncé : « Nous l’avons trouvé : Exaltation ! » Nous entrâmes en studio pour le Jingle. « Exaltation » fut un succès.

Les noms que je donne à mes projets viennent de Dieu. Quand je vais faire quelque chose, je demande audience à Dieu et je teste ensuite mon inspiration pour qu’Il me confirme qu’elle vient de Lui.

Après exaltation, nous avons connu « Consolation »…

Oui, c’était une émission-télé inspirée de l’Evangile : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés.» Mat 5, 4. C’est un autre type d’émission. « Exaltation » c’est la joie. « Consolation », c’est autre chose. Puis nous avons eu « Adoration ». Pour choisir le nom, nous avons pensé que 2 heures de l’après-midi, c’était l’heure pour adorer.

Les internautes seraient intéressés à découvrir maintenant l’Animateur Muscadin André. Quel est son secret ? Où puise-t-il ce réconfort et cette joie qu’il apporte à tous ceux qui l’écoutent ? Pourquoi les gens branchent-ils leurs postes de 9h à midi pour écouter l’émission, un samedi matin ? Quelle est la source du charisme de Muscadin André ? Pourquoi choisit-on Muscadin André ?

Le secret, c’est la prière. J’aime la prière silencieuse, j’aime la consécration. Mes meilleurs idées me viennent quand je médite en écoutant la musique. C’est de là que me viennent mes meilleures inspirations. J’avais appris à l’école que mes problèmes ne devaient pas perturber mon émission. Un animateur évangélique, un messager de la Bonne Nouvelle doit communiquer ce qui est bon. Quand je sens que je ne peux pas dépasser mes problèmes, je reste chez moi. Mais je ne vais pas raconter ma vie aux gens. Les gens me perçoivent comme une personne remplie de pouvoir et sans problème personnel. N’en déplaise à ceux qui le pensent. Moi, je sais que je me prépare dans la prière, ce qui me permet de rester serein dans les difficultés. Voilà donc ce qui explique cette image positive « exagérée » que les gens ont de moi. C’est la consécration dans la prière qui me guide, la préparation spirituelle et psychologique assurent la dédicace et la constance dans mes émissions. Imagine-toi ce qui se passerait si, à cause d’une difficulté, je renonçais à l’émission. Combien de personnes seraient passées à côté de l’occasion d’accepter le Seigneur ? Combien de personnes n’auraient pas le temps de renoncer au suicide ?

Je me souviens qu’un jour, un lundi matin, fin février, c’était le Carnaval, quelqu’un a heurté ma voiture alors que je m’étais arrêté pour laisser passer un piéton. J’avais bien préparé mon émission. Quand j’ai regardé l’arrière du véhicule, après le choc, j’ai voulu laisser tomber pour ne pas rater l’émission. Mais l’homme me barra la route et m’obligea à aller chez un garagiste faire réparer la voiture, à ses frais, soit-disant. Mais, alors que le temps passait, l’heure de l’émission arrivait, et l’homme refusa de payer. Je lui dis simplement : « Bondye beni-W. M’a priye pou ou. » Il eut mieux valu que je ne dise pas cela. Le policier fut tellement vexé qu’il me demanda des explications. Je lui répondis que lui, il a une arme, mais que moi j’ai simplement mes genoux. Il était si fâché et parlait si fort que cela me porta à laisser la voiture au garage pour ne pas rater l’émission. Cet événement allait amener la conversion d’un grand franc-maçon. Arrivé à la radio, j’ai juste brossé l’histoire aux auditeurs, sans pour autant raconter ma vie. Un ancien militaire américain était branché. Il m’appela et me demanda ce que je voulais faire de ce policier. Je lui dis que je le laissais à la miséricorde de Dieu. Il me dit qu’il pouvait l’envoyer en provinces. Je répliquai : « Ne vous en faites pas. Un jour, Dieu touchera son cœur et il se convertira. » A ces mots, l’auditeur me demanda de venir prier pour lui. Je me rendis à sa résidence. Ce jour là, ce franc-maçon accepta le Seigneur Jésus comme son Sauveur Personnel.

Si je comprends bien, cela arrive souvent, qu’à la faveur de vos émissions, des personnes se convertissent à Jésus…

Effectivement. L’histoire des personnes que tu vois accepter le Seigneur dans « Exaltation » ne date pas d’hier. Je nourrissais cette pensée depuis longtemps mais je n’avais jamais eu l’espace pour la mettre en application. Quand j’étais dans « La Voix de l’Evangile », j’avais essayé plusieurs fois de porter les gens à la conversion. C’est arrivé en maintes fois, mais il me manquait des notions théologiques de base. C’est ce qui m’a amené à aller étudier la théologie. Et à partir de la Radio « Inspiration », j’ai appliqué ce que j’ai appris, toujours selon l’inspiration de Dieu.

Avec votre expérience approfondie des groupes musicaux évangéliques, avec votre façon de suivre l’évolution du milieu évangélique, comme animateur, comment jugez-vous la musique évangélique en terme d’une originalité qu’elle doit démontrer d’une part, quant à la profondeur spirituelle qu’elle devrait véhiculer, d’autre part, et enfin, par rapport à la mission d’évangélisation que nous avons comme musicien, comme chanteur. Que pensez-vous de la musique évangélique ?

Je peux dire la musique évangélique a bien connu une évolution, ces dernières années. Elle n’a pas régressé. Au contraire. Autrefois elle était plus classique, plus formaliste, certes, mais aujourd’hui on ressent comme une sorte de réveil qui était incontournable. Certes, on constate des dérapages, par moment, mais moi je peux dire que ce qui se passe actuellement, je l’ai souhaité. J’en ai fait même fait la promotion depuis le début de mon Ministère. Quand je travaillais à « Energy », je prenais la responsabilité de passer des bandes audios « Live » que j’avais pris le temps d’aller enregistrer avec mon appareil-cassette dans les Eglises. Les critiques, à ce propos, ne m’ont pas été épargnées. Mais j’ai tenu bon. Et c’est de là qu’est né le phénomène que nous connaissons aujourd’hui, d’adoration, de louange musicale « Live ». C’est un autre type d’adoration ; c’est un nouvel aspect de l’Eglise que l’artiste amène à l’intérieur même de ta maison. Et c’est merveilleux ! L’âme de la personne haïtienne a besoin, aujourd’hui, de se réveiller. L’art dans la musique ne lui suffit pas. Il lui faut aussi la Révélation. La musique « Live » a apporté beaucoup de changements dans l’Art Evangélique. Parfois on critique les textes mais ces textes sont souvent révélateurs ; c’est ce qu’on appelle un « rhema ». Certains textes que chante l’artiste lui sont inspirés sur place. Ils ne sont pas conçus d’avance. Ils viennent à un moment donné et le fait d’être enregistrés, ils sont parfois hors-contexte, quand ils sont auditionnés à une époque différente de celle de leur composition. Autrefois, la musique évangélique était plus classique, plus formaliste. Je pense à Alabanza, Zetwal, G8, Adonaï. Maintenant on constate un réveil. Maintenant, tout le monde veut s’y mettre. Ce n’est pas donné à tout-le-monde. Beaucoup souffrent de cela.

Quelle différence établissez-vous entre un animateur « chrétien » et un animateur qui ne l’est pas ?

La différence que je fais est la suivante: Les concepts «Animateur choisi », «Animateur appelé », sont en rapport avec la Spiritualité. Tandis que l’idée d’« Animateur professionnel » en réfère à une rémunération. Si tu n’es pas appelé, tu ne peux pas prétendre être un animateur spirituel. N’empêche que tu peux réellement servir Dieu tout en étant un animateur professionnel. Mais ta mission, alors, n’est pas vraiment l’évangélisation.

Est-ce que ce n’est pas cette mentalité de « Animateur Professionnel » qu’on connaît le phénomène de réclamer des compensations ?

Oui. Si un présentateur travaille dans la grande presse, c’est normal qu’il se fasse rémunérer. Mais pour celui qui se dit « Appelé », automatiquement qu’il décide de se spécialiser dans la musique évangélique, il doit comprendre qu’il évolue dans le champ de Dieu, dans le Ministère et qu’il a comme mission de Servir. « Recevez gratuitement, donnez gratuitement ». Bien sûr, tu dois chercher des stratégies pour vivre, pour trouver les moyens de t’organiser. Mais il faut savoir faire la part des choses.

Quels sont les projets de Muscadin André à court, moyen et long terme?

J’ai toujours eu le projet, même quand j’étais dans « La Voix de l’Evangile », de mettre une radio sur pied. Un leader se laisse facilement mener par un leader qui le dépasse. Mais il est difficile pour un leader qui ne peut pas le dépasser de le conduire. Ce qui explique qu’en terme de radio, j’avais des problèmes avec les stations où j’avais évolué. Je n’avais pas assez de latitude.. D’où la naissance de cette radio « Inspiration FM ».

Mais « Inspiration » n’est pas mon dernier projet. Je travaille sur le « Ministère Shalom Haïti » dont la radio sera seulement une ramification. Tout comme « Shalom Restaurant » qui offre un bon standard à moindre coût, est une branche de Shalom Ministère. C’est une de nos stratégies pour la survie. Transformer tout ce que je fais aujourd’hui en « Ministère », voilà le projet. Depuis 4 ou 5 ans, j’avais eu la révélation de diriger des jeûnes de prière, par exemple. Je ne comprenais pas cet appel. Pourquoi moi ? J’estimais que je manquais de maturité. Dieu me disait toujours : « Muscadin ! Muscadin ! Je ferai de toi quelqu’un d’extraordinaire, faisant des choses extraordinaires. » Une fois, j’étais aux USA pour me procurer du matériel pour la Radio, et tandis que je rendais visite à une Eglise, le Saint-Esprit avait saisi le prédicateur. Il avait prié pour moi et il prononça sur moi la prophétie suivante : « Cette année, je déclare que ta vie est une vie de merveille. Je déclare que tu seras un scandale de miracles en Haïti ». C’est pourquoi je ne crains pas ce qu’on peut dire de moi. Je crois que le Dieu qui pourvoit, assure lui-même la sécurité pour tout ce qu’Il confie à notre gestion. Dieu nous donne la capacité et le pouvoir de faire accepter par chacun la merveille qu’Il est en train d’accomplir à travers nous, ainsi que la vérité de Shalom. Le projet c’est donc Shalom. Certains disent qu’ils n’ont jamais vu pareille chose, en faisant référence à nos jeûnes. En trois fois nous avons bloqué le Collège Adelphos. Au point que le 4ème jeûne a dû être programmé pour le « Palais de l’Art ».

Comme tu le sais, et c’est malheureux, les problèmes ne manqueront pas de te tomber dessus de partout. Ils me viennent, par exemple, de certaines personnes qui ont peur de ce phénomène et tentent de le freiner parce qu’elles me trouvent trop influent. Leur argument est que je ne suis pas Pasteur et que je ne suis donc pas habilité à créer des événements de cette ampleur. Mais la route que Dieu trace, personne ne peut l’obstruer. Cela fait 4 à 5 ans que je parle d’un Tabernacle 15 à 25 mille personnes. Mais ce projet, en lui-même, ne sera que la résultante de Shalom. Car c’est Shalom qui sera la porte par laquelle nous passerons pour concrétiser ce rêve. La Radio, Dieu l’a faite. Le Ministère, je l’ai demandé, Dieu me l’a donné. A l’intérieur du Ministère il y aura, outre les jeûnes de prières, un concept que j’ai développé qui est SOS de Prières. Ce sera un réseau téléphonique où 5 à 10 bénévoles seront au bout du fil pour bombarder les gens de prière. Il y aura l’information dans ce Ministère, il y aura aussi des émissions. J’en prévois au moins une cinquantaine où Jubau, d’ailleurs, peut se préparer à être invité. Je bénéficie de beaucoup de crédit dans le domaine de la presse et il se trouve qu’actuellement, plusieurs stations de radio m’appellent pour me dire : « Muscadin, se ou mwen vle ». Nous voulons une émission avec toi. Voyez-vous, je ne souhaite pas être un one-man-show. Je veux faire école. Je veux former des animateurs qui iront partout à Port-au-Prince et en provinces monter ces émissions. C’est un de mes projets. Multiplier le Ministère à travers d’autres animateurs.

J’ai aussi le projet de fonder un orphelinat. J’évolue déjà dans le domaine des bourses d’études. J’ai aidé une cinquantaine de jeunes. Dernièrement l’un d’entre eux m’a offert de faire le plein de mon véhicule. Il m’a rappelé que j’avais payé ses cours d’informatique et qu’il me le doit, maintenant qu’il travaille. Il dit que j’avais décidé, à l’époque, de financer deux jeunes. Je ne m’en souvenais même pas. J’ai appris qu’au service de Dieu, il faut s’oublier, à la manière de Jésus. Le Christ ne nous assure-t-il pas que, si nous croyons en Ses paroles, nous ferons des choses plus grandes que lui.

Quel conseils donneriez-vous à quelqu’un qui veut commencer une émission évangélique ?

Je dis qu’il faut prier d’abord pour discerner si on est appelé. DEVENIR ANIMATEUR ÉVANGÉLIQUE EST UNE VOCATION. Si je n’avais pas été appelé, aurais-je jamais accepté un Ministère aussi lourd qui ne me rapporterait rien financièrement ? Mais voilà ! J’ai 3 à 4 professions. Mais rien auquel j’ai touché n’a marché. Justement c’est Dieu qui m’a mis à part pour ce Service. Savez-vous que je touche marche, dès que c’est pour l’Evangile. Tandis que tout ce que j’ai tenté par ailleurs a échoué. J’ai beaucoup de cordes à mon arc ! J’ai essayé un magasin par exemple. Mais sans succès. Pourtant tu vois la Radio ? Je n’y ai pas investi grand-chose de moi-même. Mais elle fait son chemin. On me demande comment j’y suis arrivé. Toute la gloire à Dieu. C’est l’œuvre de Dieu.

Pasteur Garry St-Hubert dit la même chose. Rien ne lui réussit en dehors de l’Evangile. Donc le conseil à quelqu’un qui veut se lancer dans une émission ?

Il faut prier et demander à Dieu si c’est sa volonté, s’il t’appelle dans son champ. Tu deviens un Berger qui dirige un tas de personnes. Tu es comme un Pasteur. Tu dois étudier la Bible, comme je le fais maintenant. Car tu es appelé à être un leader à la tête d’un grand troupeau d’âmes.

Quel conseil donneriez-vous aux compositeurs, aux chanteurs, aux musiciens ?

Si tu es un musicien, travailles-tu pour Dieu ? J’ai fait 12 ans de Ministère sans recevoir de salaire, mais j’ai fait autre chose pour vivre. Tu peux choisir d’être à l’Eglise toute une journée. Mais comment vis-tu ? Certes, le Pasteur devrait te rémunérer comme ouvrier dans le champs de Dieu, mais si tu vois que ce Pasteur a l’intention de te détourner ou de te faire quitter le champ de Dieu, à cause de son incompréhension, dis-toi que Dieu veut que tu développes ta propre stratégie. Tu ne seras pas un salarié de l’Eglise mais, paradoxalement, toi, tu apporteras des ressources à l’Eglise et tu seras une bénédiction pour elle. Apprends à gérer les difficultés et à les transformer pour la gloire de Dieu. La bonne foi ou la mauvaise foi d’un Pasteur ne devraient jamais te décourager et t’empêcher de persévérer. J’aurais pu chuter derrière le micro, mais le Seigneur m’a enseigné à multiplier les déceptions et à les mettre comme dans un moule pour les transformer en joie. Que de Pasteurs n’appréciaient pas de m’entendre autrefois, et me couvrent d’éloges, maintenant, pour mon travail ! Si tu reçois des déceptions, trouve des façons de t’en sortir, mais reste dans l’Eglise. Et remercie Dieu qui t’accordes le privilège de lui rendre gloire avec l’instrument de musique qu’Il t’a mis entre les mains.

Quant aux auteurs-compositeurs, je les exhorte à faire preuve de sagesse. Même quand on manque de maturité spirituelle ou intellectuelle, on peut être inspiré, mais quand tu as rédigé une chanson en écoutant une motion intérieure, cela ne te dispense pas de faire réviser le texte par des personnes qualifiées et de chercher un bon arrangeur avant d’aller en studio. Fais bien tout ce que tu fais pour Dieu. Car Il n’est pas un Dieu de médiocrité. Tu n’as qu’à regarder la Nature, le ciel et la terre, pour comprendre qui Il est et qu’Il aime la Beauté.

Aux interprètes, aux chanteurs, je ferai le même message qu’aux musiciens. En précisant toutefois que si tu chantes chaque dimanche, tu n’as pas besoin de trainer à l’Eglise toute la journée pour qu’on te voie. Certains se laissent emporter par l’esprit « artiste ». Un chanteur peut, sans se culpabiliser, passer deux heures de culte et ensuite aller travailler pour trouver de quoi gérer le quotidien. Si l’Eglise ne t’assure pas un salaire, fais ton devoir et va rechercher ailleurs de quoi vivre. C’est légitime. Ainsi tu éviteras de te plaindre constamment du Pasteur qui ne te paie pas. Si tu es un chanteur professionnel, rappelle-toi que la musique évangélique ne nourrit pas encore son homme. Elle ne te rapportera pas suffisamment. Il faut créer d’autres activités rentables. Et puis, toujours se rappeler que le fait par la musique évangélique de ne pas rapporter gros, ne saurait nous dispenser d’être des chrétiens à part entière.

Je dis que la Vie est un géant. Chaque jour je mets des gants pour lui faire face. Elle me renverse parfois mais, rassure-toi, je lui donne quelques bons crochets moi aussi. (Rires)

Le dernier mot, Muscadin André?

Je saisis cette opportunité de te remercier pour le travail que tu fais. Je sens que nous sommes liés, par ta musique d’abord, et parce que nous sommes des appelés. Si cela ne venait pas du cœur, tu ne pourrais pas faire ce travail. Tu ne te plierais pas en quatre pour aller chercher des personnes à interviewer pour tenir informés les internautes. Tu resterais assis comme artiste, et tu demanderais qu’on vienne te voir dans ton bureau. Cela me rappelle l’époque où je visitais tous les petits groupes pour les porter à s’exprimer. Voici qu’aujourd’hui, bon nombre d’entre eux connaissent maintenant le succès. Toi aussi, Dieu va te bénir énormément pour ce travail, parce qu’Il n’est pas un abuseur. « Bondye pa manje kouraj moun gratis». Il y a des succès que j’ai connu, des ressources qu’Il m’a données dont j’ignore la provenance mais je sais qu’ils sont arrivés jusqu’à moi au nom de Dieu. Je Le remercie pour cela et je le remercie pour le Ministère de Jubau et qu’à travers l’Internet vous continuiez à développer le maximum de créativité pour Le faire connaître.

Mais, surtout que vous vous rappeliez toujours que Dieu est partie prenante de ce travail. Il a Lui-même mis la main à la pâte pour faire de Jubau une grande œuvre selon Son cœur.


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